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THAÏLANDE – CHRONIQUE : « Ma maison en bois : les ancêtres veillent »

Journaliste : Michel Hermann
La source : Gavroche
Date de publication : 25/11/2021
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Pour améliorer leurs conditions d’existence et changer de statut social, les paysans thaïlandais vendent leurs maisons en bois sur pilotis, souvent en teck, pour s’offrir une maison en briques ou en béton. Les citadins fortunés, font le chemin inverse, au nom d’une écologie constructive et d’un retour à la nature.

 

Maison en bois

 

Entre les deux, il existe des maisons traditionnelles en bois, conservées par des familles soucieuses de défendre un patrimoine architectural qui a survécu au fil du temps. C’est le cas dans la belle-famille thaïlandaise de Michel Hermann. Ainsi, il vit avec son épouse dans la plus ancienne maison en bois de teck sur pilotis de Sukhothai, située en plein centre-ville, dans un vaste jardin tropical de 150 mètres de long agrémenté de cinq étangs poissonneux. La maison a 160 ans. Y vivre c’est magique, comme il le raconte dans cette Petite Chronique de Sukhothai. Bonne lecture donc.

 

Photos en noir et blanc,
Argentique passée,
Dans leurs cadres élégants,
Les ancêtres figés
Se fanent en noir et blanc.

 

Dans ces instantanés,
Portrait d’un autre temps,
Leurs mânes éthérées
Veillent sur le présent,
Dans ces instantanés.

 

Dans la maison en bois,
Qui est mon nid, ma vie,
Les esprits se côtoient,
Présents, passés, magie
D’une maison en bois.

 

Depuis cent soixante ans,
L’immense bâtisse,
A résisté au temps,
Aux outrages, jadis,
Depuis cent soixante ans.

 

Bâtie sur pilotis,
Elle a fière allure,
Avec ses murs vieillis
Et ses pièces obscures,
Bâtie sur pilotis.

 

Chambres climatisées
Pour plus de confort,
Le reste est conservé
Comme un précieux trésor ;
Chambres climatisées.

 

Le teck le jour, la nuit,
Ça grince, ça pleure,
Parfois cela gémit
Comme un cri de douleur,
Ça vit le jour, la nuit.

 

On circule pieds nus
Sur des planchers usés,
À pas feutrés, contenus,
Comme dans un musée,
On circule pieds nus.

 

Il y a beaucoup d’espace.
Vestiges d’un autre temps,
Des trophées de chasse
Observent les vivants ;
Il y a beaucoup d’espace.

 

La charpente est en bois,
Et la tôle ondulée
Qui pare notre toit,
Survit bien que rouillée
Sur la charpente en bois.

 

Sous l’œil des ancêtres,
On vit, on aime, on s’ébat…
Gardiens du bien-être
Pour mon épouse et moi,
Ils veillent les ancêtres….

 

Michel Hermann

 

Maison en bois

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