La mission du Fonds Monétaire international à Bangui conduite par le chef de mission Touna Mama a une fois de plus, échoué à convaincre les autorités de Bangui de baisser le prix à la pompe des hydrocarbures.
Blocage et points de désaccord
« C’est bien dommage que le FMI n’arrive pas à conclure la facilité élargie de crédit avec les autorités. La mission n’a pas tenu sa réunion de synthèse, ni publié un communiqué de presse pour expliquer les points de blocage et de désaccord. Lorsque c’est ainsi, cela prouve qu’il n’y a pas quelque chose de bon » a indiqué un cadre du ministère centrafricain des Finances et du budget.
La guerre des intérêts
Le FMI estime que la Centrafrique pays post conflit, est le pays où l’inflation est intenable. Il pointe du doigt le prix exorbitant des hydrocarbures à la pompe. En effet, Bangui a accordé l’exclusivité d’importation des produits pétroliers à Neptune Oil, une société de droit camerounais. Cette décision qualifiée de scélérate par la société civile, viole la loi sur le secteur pétrolier qui consacre la libéralisation. Pour Anicet Georges Dologuélé le président Touadera a privilégié l’intérêt personnel.
« La souffrance du peuple ne dit rien à Faustin Archange Touadera. Le prix du carburant est cher, et la Russie a donné 30.000 tonnes de carburant mais tout ça est géré dans l’opacité totale et ce n’est pas lui ni ses ministres qui en souffrent mais c’est la population » a accusé le chef de file de l’opposition.
Refus de transparence du gouvernement
Le FMI a exigé la transparence dans la structure des prix. Mais le ministre Arthur Bertrand Piri à l’origine de la crise, n’entend rien céder. Cette posture qui affecte l’environnement des affaires fait mal aux marqueteurs tels que Tam oil et autres qui souffrent des conséquences de la politique du gouvernement. Conséquence, le pays qui vit essentiellement de l’aide extérieure n’aura pas de programme avec le FMI.
« C’est scandaleux pour un pays comme le nôtre de n’avoir pas de programme avec le FMI. C’est d’autant plus grave que ce qui est facile d’être géré ici sur place par la volonté politique, c’est juste de faire de la transparence dans le secteur. Le gouvernement sera convoqué encore pour la session du printemps. Mais jusqu’à quand ce manège va-t-il continuer? Ce gouvernement n’a-t-il vraiment pas d’autre choix que celui de noyer ce pays » a fait savoir Me Nicolas Tiangaye.
La réaction des parties, différée
Contacté, le FMI promet de rendre public son communiqué dans un bref délai. Cette tension sans cesse croissante, aura des conséquences à long terme et survient dans un contexte où Bangui cherche par tous les moyens à contourner les exigences du FMI