Un collectif d’avocats a dénoncé l’obstruction à la justice et la torture qu’ils attribuent aux mercenaires Wagner notamment à l’office de répression du banditisme où sont maintenus les détenus politiques. Parmi ces détenus dans ce camp de concentration les proches de Armel Ningatoloum Sayo, ce commandant de l’armée entré en rébellion et arrêté au Cameroun.
Arrêtés depuis le 2 février dernier, les avocats qu’ils ont constitués n’ont pas accès eux.
L’affaire de la bouteille de Whisky empoisonné
À cela s’ajoute l’affaire des deux frères cadets de l’ancien premier ministre Henri Marie Dondra. Dans une conversation audio qui circule sur les réseaux sociaux, les mis en cause ont parlé d’une bouteille de whisky empoisonné au cyanure et un cigare qui devaient être remis à Sani Yalo, argentier et conseiller occulte du président Touadera. Dans un communiqué de presse le procureur de la République parle d’une tentative d’empoisonnement visant à renverser in fine les institutions.
L’Office central de répression du banditisme (OCRB) transformé en camp de concentration
Sauf que les frères de l’ancien premier ministre Henri Marie Dondra mis en cause dans cette affaire n’ont pas reçu la visite de leurs avocats.
« Nous assistons à une violation grave des droits humains et de la souveraineté de notre pays. La justice est un volet important de la souveraineté d’un pays qui se veut démocratique. Aujourd’hui les mercenaires russes transforment l’Office central de repression du banditisme (OCRB) en un camp de concentration dans lequel ils torturent les compatriotes en les privant ainsi de leur droit d’être assistés par un avocat ou par un médecin et ceci, en violation de la loi » a indiqué Maître Nicolas Tiangaye.
Les mercenaires de Wagner à la recherche de Henri Marie Dondra
Depuis le déclenchement de cette affaire, le bureau politique du parti UNIR a indiqué dans une conférence de presse que les mercenaires du groupe Wagner ont investi à plusieurs reprises et pendant des heures la résidence privée de l’ancien premier ministre Henri Marie Dondra sans succès. C’est dans ce contexte que les avocats des frères Dondra et de la famille Sayo ont tenu un point de presse pour dénoncer le rôle des mercenaires russes dans la chaîne pénale.
Le droit des avocats bafoué
« Ce qui se passe est une violation de la loi et du droit de la défense. Les centrafricains ne peuvent pas interdire les russes de faire leur travail en Russie. Ils violent par là notre droit mais également notre souveraineté et c’est inadmissible. Ils refusent à ce que nous client s’alimentent et les parents qui leur apportent de nourriture sont tortures et foutus en prison pour deux heures. C’est pas normal » a indiqué Me Alerte Sombo Dibele.
La présomption d’innocence mise à rude épreuves.
« Jusqu’à preuve du contraire les Russes ne font par partie des officiers de police judiciaire pour procéder à des arrestations même à des heures tardives. Le fait d’aller chez notre président fondateur la nuit est une campagne de terreur qui ne saurait prospérer devant la loi » a indiqué Gildas Dekarem, secrétaire général du parti UNIR.
Contacté, le procureur de la République Benoit Narcisse Foukpio parle de spéculation et de questions politiques. « Nous faisons notre travail dans le strict respect de la loi et les avocats sont des avocats; ils auront toujours de quoi à dire. Les questions des Russes, je ne réponds pas à ça parce que c’est plus politique au lieu qu’ils parlent du droit » a indiqué à EFE le procureur de la République.
Le mauvais rôle des mercenaires russes
Outre l’aspect sécuritaire, les Russes interfèrent dans la justice c’est le cas notamment dans l’affaire Dominique Yandoka où ils ont procédé à l’exploitation des données téléphoniques des personnes suspectées ou en conflit avec la loi. Ils sont également accusés dans la disparition des militaires des Forces armees centrafricaines (FACA) dans les locaux de la section de recherches et d’investigation (SRI) de la gendarmerie à Bangui.