Le chef de file de l’opposition Anicet Georges Dologuélé a été empêché de s’adresser à ses militants lors d’un meeting qu’il a organisé à Begoua à la sortie nord de la capitale.
« C’est une réunion prévue de très longue date et nous l’avons fait dans une concession privée. Donc on ne peut pas nous taxer de trouble à l’ordre public. Nous sommes avec le chef du quartier. Subitement sont arrivés des gendarmes qui nous demandent d’arrêter. Nous leur avons posé la question de savoir pourquoi ils nous ont dit pardon c’est un ordre. C’est triste et je n’ai jamais vu et me suis comporté comme un voyou. Donc c’est difficile de comprendre ça et je demande à Touadera d’arrêter » a indiqué Anicet Georges Dologuélé.
La réaction de colère des militants
« Nous sommes venus massivement écouter le président de notre parti et avoir de lui les orientations pour la marche du 4 avril. Mais hélas le pouvoir a peur et a envoyé des militaires pour nous en empêcher. Mais pourquoi ? Ils sont libres de le faire pourquoi pas nous? Nous en appelons au bon sens et à la culture démocratique qui exige que les partis politiques animent la vie politique et à travers la parole et sans violence. Ce qui décidément n’est pas le cas de Touadera et son parti le MCU » a lâché Brice Waguene un partisan de l’URCA.
Un contexte volatile
L’opposition réunit au sein du bloc des républicains pour défendre la constitution du 30 mars 2016 (BRDC) a appelé les Centrafricains à déferler dans la rue le 4 avril pour dire non au 3e mandat de Faustin Archange Touadera lequel a modifié la constitution à sa guise et peut désormais remettre le compteur à zéro.
En réaction le ministre Ngate des petites et moyennes entreprises a appelé samedi à la violence politique contre les leaders de l’opposition et les manifestants.
« Nous allons occuper les coins des rues et des ruelles dans ce que nous appelons opérations eau chaude. L’eau ne peut pas faire mal à l’habit mais au corps. Alors mobilisez vous et on va voir. Les leaders de l’opposition sont prévenus » a-t-il lancé.
La paix fragile toujours menacée
La République Centrafricaine est en post conflit avec des foyers de tensions et les voix s’élèvent pour demander la préservation de la paix.
« Les autorités sont sans ignorer que nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge et il est important de préserver la paix. Les personnes connues qui donnent le ton de la violence politique, c’est bien dommage. Il va falloir que la justice sévisse pour dissuader les fauteurs de trouble. Il est aussi temps que les organisation et institutions concernées travaillent pour sauver la paix » a appelé Cyriaque Loumon acteur de la société civile.
La dégradation et le rétrécissement de l’espace civil et politique interviennent à quelques mois des élections locales et générale.