Bangui, la capitale de la République centrafricaine, s’apprête à vivre un événement le 4 avril prochain. Il s’agit de la marche et des manifestations publiques qu’envisagent d’organiser le Bloc républicain pour la défense de la constitution (BRDC) et le collectif des victimes de la seleka et de la CPC. Le BRDC a initié cette marche (pacifique) pour protester contre un troisième mandat du président TOUADERA et dénoncer les dérives du pouvoir. Cette initiative du BRDC est vivement critiquée par les sympathisants du pouvoir qui activent toutes les batteries pour empêcher la tenue de la marche du BRDC.
Interdiction gouvernementale de la marche de l’opposition
Le ministre de l’intérieur et de la sécurité publique, Michel Nicaise NASSIN, a adressé une correspondance au coordonnateur du BRDC dans laquelle, il n’autorise pas la marche et les manifestations projetées : « Je suis au regret de vous annoncer que la marche et les manifestations projetées en date du 4 avril 2024 ne peuvent pas être autorisées », telle est la réponse du ministre l’intérieur et de la sécurité publique, Michel Nicaise NASSIN, à la lettre du BRDC introduite le 20 mars 2025.
Deux poids deux mesures
La correspondance du ministre NASSIN, précise aussi que « compte tenu de la situation sécuritaire qui prévaut le pays, toutes les marches et manifestations sur les voies publiques, sont suspendues sur l’ensemble du territoire jusqu’à nouvel ordre ». En violation de ces dispositions gouvernementales, des marches et des manifestations sont organisées au quotidien sur les voies publiques dans presque tout le pays, avec le soutien financier des autorités politiques (ministres, conseillers spéciaux…), pour réclamer la candidature du président TOUADERA à la prochaine élection présidentielle en Centrafrique, sans aucune opposition du ministère de l’intérieur et de la sécurité publique.
“Instructions venues d’en haut”
Cette interdiction s’applique-t-elle uniquement aux partis politiques d’opposition ou englobe-t-elle également toutes les associations politiques, qu’elles soient de la majorité présidentielle ou de l’opposition ? C’est le ministre de l’intérieur et de la sécurité publique qui peut fournir des explications à ce sujet.
En effet, le dimanche 23 mars 2025 après-midi, Anicet Georges DOLOGUELE, président du parti URCA, n’a pas pu tenir son meeting dans une propriété privée à Bégoua, un lieu situé au PK 12, au nord de Bangui. Des gendarmes sont venus mettre fin à la réunion, justifiant leur action par des « instructions venues d’en haut ».
Le BRDC maintien sa marche
En dépit des intimidations et menaces, le BRDC maintien la marche du 4 avril prochain. Plusieurs communiqués et appels à la mobilisation sont régulièrement publiés sur les réseaux sociaux.
De l’autre côté, la galaxie panafricaine, la synergie centrafricaine et le collectif des victimes de la seleka et de la CPC brandissent des messages de haine et des menaces dangereuses et violentes contre les leaders du BRDC.
La sécurité renforcée avant le 4 avril
Des dispositifs sécuritaires sont déjà pris pour parer à toute éventualité le 4 avril prochain à Bangui. Des unités de police, gendarmerie, forces armées centrafricaines et des forces spéciales du Rwanda vont être déployées sur les différentes avenues de la capitale. Ces évènements se déroulent au moment où l’eau potable est rare. Des enfants, femmes et adultes font des kilomètres à pied avec des bidons à la recherche de l’eau à boire et pour les différents travaux ménagers. Attendons de voir ce qui va se passer réellement le vendredi 4 avril 2025 à Bangui.