L’opposition démocratique a appelé le 18 mars à une marche pacifique le 4 avril prochain pour protester contre le 3e mandat de Faustin Archange Touadéra.
C’est un changement de cap dans la dynamique de l’opposition démocratique qui jusque là ne s’est contentée que de faire des communiqués de presse. Pour son porte parole Martin Ziguele, « Nous voulons dire au president Touadera qu’il est à la fin de son mandat et qu’il ne sera pas candidat. Mais les Centrafricains ne doivent pas avoir peur de se mobiliser massivement pour dire non à un 3e mandat » a-t-il lancé.
Depuis plusieurs jours voire des semaines, les soutiens de Touadera se mobilisent à Bangui et dans les villes de province par des marches tarifées pour demander à Touadera de se présenter à un 3e mandat.
Élu en 2016, Faustin Archange Touadera est arrivé au terme de son dernier mandat de 5 ans renouvelable une fois. Mais depuis le 30 août 2022, il a adopté en sa faveur une constitution qui lui donne le droit de rempiler.
Pour Bertrand Touaboy, homme politique et candidat aux prochaines élections locales et générales, Faustin Archange Touadera est plus que jamais fragilisé. « Il est à la fin de son mandat et il doit partir mais la situation est plus que jamais compliquée pour lui c’est pourquoi il ne lésine pas sur les moyens pour faire sortir les gens dans la rue pour lui demander à être à nouveau candidat. Aujourd’hui, son mandat ne repose que sur deux leviers. Les Rwandais et les Russes. Mais la Russie n’est pas d’accord avec lui en ce qui concerne le dossier Wagner et Africa corps. Le Rwanda de Kagame est diplomatiquement affaibli par les sanctions occidentales. Donc il faut faire attention. Touadera ne va pas tenir le coup. C’est pourquoi nous serons présent à cette consultation mais pas à n’importe quel prix » a-t-il fait savoir.
« Nous avons appelé au 3e mandat du président parce que nous estimons que c’est lui la solution puisque tous les autres, nous les avons vus à l’oeuvre » a estimé Maxime Balalou, ministre porte parole du gouvernement.
La marche voulue par l’opposition démocratique sera incontestablement un test dans le rapport de force entre la majorité présidentielle et l’opposition démocratique dans un contexte de défiance et de perte de confiance aux institutions mais aussi de la politique de fragilisation de l’opposition démocratique de manière générale que mène inlassablement le camp de Touadéra.