Dans le but de relancer le processus de paix dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC), la Communauté de l’Afrique de l’Est et la Communauté de développement de l’Afrique australe (EAC-SADC) ont désigné cinq anciens dirigeants africains comme médiateurs du conflit en RDC. Il s’agit de : Olusegun Obasanjo (Nigéria), Uhuru Kenyatta (Kénya), Kgalema Motlanthe, (Afrique du Sud), Catherine SAMBA PANZA (République centrafricaine) et Sahle-Work Zewde (Ethiopie).
Le 24 mars 2025, à l’issue du sommet virtuel de l’EAC-SADC, un communiqué conjoint a confirmé ces nominations. Pour la nomination, le sommet de l’EAC-SADC a pris en considération l’égalité des sexes, des régions et des langues, et une réunion d’information sera prévue dans les sept jours à venir, selon le communiqué.
Les cinq membres du groupe des facilitateurs de l’EAC-SADC s’engageront à faire tout leur possible pour une sortie de crise pacifique à l’est de la RDC. Cette nouvelle initiative régionale intervient après l’annonce du président angolais, João Lourenço, de mettre fin à sa médiation dans le conflit entre la RDC et le Rwanda.
Cette décision, justifiée par la volonté de Luanda de se concentrer sur les priorités de l’Union africaine (UA), a ouvert la voie à l’émergence du Qatar comme acteur diplomatique clé. Le 18 mars, une rencontre trilatérale a eu lieu à Doha entre Félix Tshisekedi, Paul Kagame et l’émir Cheikh Tamim bin Hamad Al-Thani.
Situation humanitaire sur le terrain
Ces derniers mois, les affrontements entre le gouvernement de la RDC et le mouvement rebelle du Mouvement du 23 mars (M23) se sont accrus, le M23 déclenchant des offensives importantes dans les provinces orientales du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. L’est de la RDC, où se trouvent de nombreux minerais, demeure un centre de conflit, où différents groupes armés se disputent le contrôle de ressources comme le coltan, l’étain, le tantale et l’or.
Depuis la fin janvier 2025, les Nations Unies ont estimé qu’un million de personnes, dont environ 400 000 enfants, ont été déplacées, et ce nombre devrait augmenter à mesure que les combats se poursuivent dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.