Ils sont plus de 370 personnes rentrées au bercail après plusieurs années d’exil en RD Congo.
« Nous sommes heureuses de retrouver notre terre natale, la Centrafrique après tant d’années. En 2013, la situation était invivable avec la persécution de la Séléka. Nous avons trouvé refuge en RD Congo. Merci pour ce pays d’accueil » a affirmé Mireille tenant la main de son enfant qu’elle a eu pendant son exil et qui découvre pour le première fois son pays d’origine.
Tout un symbole
« La guerre n’est pas bien je vous l’avoue. Vivre en dehors de sa patrie n’est pas une chose aisée. Le HCR nous a donné des terres cultivables. Mais quand on te dit que tu es étranger c’est que tu es étranger. Notre retour est aussi motivée par la dégradation du tissu sécuritaire à l’Est du Congo. Vraiment c’est difficile de vivre en tant que réfugié dans un pays d’asile qui connaît encore les mêmes problèmes qui nous ont fait fuir. Nous prions pour que la guerre cesse entre le gouvernement et le M23 car les civils en paient le prix » a justifié Henri un retourné.
Des vivres et des subsides pour accompagner les retournés
Pour accompagner les retournés le Haut Commissariat au réfugiés accorde une enveloppe forfaitaire aux retournés et des vivres.
« J’ai reçu une enveloppe que je viens de décharger. Cela va me permettre de développer une activité en vue de ma réinsertion sociale. Certes il y aura beaucoup de défis du fait qu’on vient de rentrer au pays et que la dynamique a changé mais on n’a pas le choix » a fait savoir Helene toute souriante.
Un contexte international difficile
Le HCR mène cette opération dans un contexte financier très difficile. En cause la décision de l’administration Trump de couper le financement de l’USAID. Ce financement représente 43 % de l’aide ce qui aura certes des conséquences pour la prise en charge humanitaire des réfugiés soudanais mais aussi des demandeurs d’asile tchadiens qui sont sur le territoire centrafricain. Cependant au HCR, on reste néanmoins optimiste pour l’aide d’autres bailleurs.
« Le plus important n’est pas l’aide mais c’est le retour des réfugiés et la valeur ajoutée que cela représente car d’autres pays peuvent s’en inspirer» a indiqué Raouf Mazou, haut commissaire assistant en charge des opérations, venu pour la circonstance.
Les réfugiés rentrent dans un pays qui se prépare à aller aux élections et dont la question de leur enregistrement sur la liste électorale refait surface.