Un quotidien insupportable pour les Banguissois.
Bangui est en enfer à ciel ouvert où avoir de l’eau et de l’électricité relève d’un parcours de combattant. Plongés dans une crise d’accès à l’eau et à l’électricité sans précédent, les habitants de la capitale Bangui ne savent pus a quel saint se vouer. L’eau ne coule pas des robinets et pour avoir de l’eau par exemple, il faut faire un parcours de combattant.
Dans les quartiers Nord de Bangui surtout, cela fait plusieurs mois voire des années que l’eau ne coule plus des robinets des particuliers pourtant abonnés à la société des eaux de Centrafrique SODECA. La campagne est souvent peu fructueuse pour les ménages munis de bidons jaunes çà et là pour avoir de l’eau des bornes de puits de forage en nombre insuffisants.
« Nous sommes inquiets de la manière où les autorités gèrent les questions essentielles de survie. Pas d’eau, pas d’électricité mais on nous demande d’aller dans la rue demander un troisième mandat pour un régime qui ne parvient pas à nous donner l’essentiel. L’eau et l’électricité » a indiqué Monique, une habitante du 4e arrondissement de Bangui. Même au quartier Votongbo à seulement quelques mètres de la résidence du président Touadera, avoir de l’eau et de l’électricité est un problème. Abigaël est dépassée et en appelle aux autorités.
« C’est depuis 4h du matin que nous sommes à la borne fontaine pour chercher de l’eau mais ce n’est pas évident d’en avoir. Il faut passer toute la nuit ici et parfois on en trouve même pas vraiment. Il faut que les autorités nous trouvent une solution à cela ».
Il n’y a pas que la population valide qui est affectée par cette situation. Meme dans les hôpitaux, la crise récurrente d’eau et d’électricité ne facilite pas une bonne prise en charge des malades. Face au problème le ministre Arthur Bertrand Piri en charge de l’Energie et de d’hydraulique tente de rassurer une population dépassée devant le phénomène qui ne croit plus aux propos du ministre.
« Mais la panne ici au niveau de Gobongo est localisée, les collaborateurs de l’Enerca sont dessus, ils sont entrain de procéder à la réparation et j’ose croire que bientôt on va revenir à l’exploitation normale ».
La société civile ne voit pas d’alternative et appelle les Centrafricains à être le maître de leur destin devant cette situation tandis que l’opposition propose que le point sur la situation soit fait. Anicet Georges Dologuélé chef de file de l’opposition.
« Les hôpitaux non seulement n’ont pas d’électricité, pas de groupe électrogène, les gens meurent dans les salles d’opérations sans oxygène, au quotidien dans la maison chez les commerçants tout ce qui est dans les congélateurs pourrit, on est obligé de les jeter, Cela pose des problèmes de santé graves. Il fait très chaud en ce moment de l’année où le thermomètre affiche entre 39 et 45° C et la population est là sous cette chaleur accablante sans avoir un peu d’eau fraîche à boire et du courant pour s’éclairer ou faire fonctionner un ventilateur, c’est une question de survie. Quelle est la solution ? ».
Si l’eau et l’électricité constituent des éléments essentiels de souveraineté, l’investissement de l’Etat dans ce secteur est insignifiant au point de demeurer tributaires de l’aide extérieure.
La combinaison ces derniers jours de la pénurie d’eau et de l’électricité montre l’échec du gouvernement à créer les conditions d’accès à ces denrées essentielles malgré l’appui de la communauté internationale.
Un secteur sous financé par l’Etat.
« Cela fait plusieurs années que le pays assiste pendant la saison sèche au phénomène dit des “bidons jaunes” faisant la queue autour des points d’eau de forage. Gouverner c’est prévoir. Qu’est ce que le gouvernement offre comme alternative si ce n’est que l’arrogance et le manque de respect pour le citoyen ? Aujourd’hui si on parle de l’électricité, c’est grâce à la Banque mondiale, de l’eau c’est la Banque Africaine au développement mais l’Etat fait quoi ? Si on n’en parle les autorités font la fuite en avant en indexant l’opposition. Mais non nous sommes des citoyens et avons droit aux services sociaux de base » a martelé Yanick Bendere.
« C’est malheureux de constater que toutes les missions que le chef de l’Etat confie à Arthur Bertrand Piri ça ne marchent pas. Il doit se réveiller s’il veut avoir la confiance de la population sinon à cause de l’eau et de l’électricité il peut perdre son pouvoir » a déploré Armel Honoré un militant du MCU.
Pendant ce temps le personnel de la société de distribution d’eau accumule des arriérés de salaire et dénonce une gestion opaque d’un secteur à l’abandon.