Daoussa Idriss Deby Itno, promu au secrétariat particulier de la présidence, incarne un resserrement du pouvoir autour de la famille présidentielle au Tchad, alimentant des craintes de continuité dynastique.
Daoussa Idriss Deby Itno, décrit par son entourage comme « discret, calme, posé et efficace », est une figure montante de l’administration tchadienne. Sa récente nomination au secrétariat particulier de la présidence en fait désormais un interlocuteur incontournable pour accéder au chef de l’État. Ancien adjoint d’Ahmed Kogri, qui occupait ce poste depuis février 2024, il a déjà pris en charge plusieurs responsabilités, démontrant ainsi sa capacité à naviguer avec compétence au sein des rouages du pouvoir. Le départ de Kogri, souvent critiqué pour sa proximité jugée excessive avec la France, illustre un certain mécontentement au sein de l’entourage présidentiel.
Avec cette nomination, Daoussa Idriss Deby accède au statut de ministre, consolidant une position stratégique. Âgé d’une trentaine d’années, il avait déjà été promu général à l’arrivée de son frère au pouvoir et a occupé plusieurs fonctions clés. Ce remaniement s’inscrit dans une tendance plus large au sein du gouvernement, où l’entourage du président se resserre autour d’un cercle familial et amical de confiance. En plus de Daoussa, deux autres figures influentes entourent le président : Ismaël Souleymane Lony, directeur général de l’Agence nationale de sécurité de l’État, et Abdelkerim Idriss Deby, conseiller aux affaires africaines et internationales.
Pour l’opposant Avocksouma Djona Atchénémou, président du Parti Les Démocrates, ces nominations s’apparentent à une continuité politique préoccupante. Il dénonce un « système dynastique » dans lequel le Tchad est enchevêtré depuis plus de trente ans, où les décrets et arrêtés servent à assurer la promotion des membres de la famille au pouvoir. Cette dynamique suscite des inquiétudes quant à la pérennité de la démocratie au Tchad, alors que les tensions internes demeurent palpables et que la nécessité d’une gouvernance réellement représentative se fait de plus en plus pressante.